Le concept de santé 2.0 repose sur la participation libre (et donc non-contrôlée) des internautes. il se pose alors un paradoxe puisque sur un sujet aussi sensible que la santé publique, l'Etat a naturellement un rôle à jouer. Quel doit donc être ce rôle ?
Créer un cadre
Le premier écueil à éviter est de vouloir contrôler la spontanéité des patients qui veulent améliorer leur situation et aider les autres. Il faudrait au contraire encourager ce type d'échange car ils sont porteurs de nombreux bénéfices pour la société.
Plutôt que de contrôler, le rôle de l'Etat devrait davantage être de donner un cadre à ce domaine d'activité émergent. Finalement, l'Etat n'est qu'un acteur parmi d'autres de la santé publique. A ce titre, il ne doit pas chercher à se réapproprier les initiatives de santé 2.0.
D'ailleurs, l'Etat lance déjà des appels d'offres, ce qui laisse penser que nous allons dans le bon sens jusquà présent : encourager, "faire faire", plutôt que de vouloir "récupérer".
L'exemple de la prévention
L'Etat dépense des sommes colossales pour la communication de prévention. Comme on l'a récemment observé avec la campagne de vaccination contre la grippe, cette communication étatique peut être mal perçue par l'opinion publique. Au final, le véritable accès à la connaissance n'est pas toujours favorisé, d'où la faible adhérence de l'opinion publique.
Dans le même temps, une communication latérale peut s'avérer plus efficace car elle émane d'autres acteurs justement non affiliés aux institutions publiques. L'Etat a de vrais budgets à économiser de ce côté là.
Créer un contexte de "coopétition"
Un grand nombre d'acteurs commencent à prendre des initiatives, mais aucun d'entre eux n'a LA solution. En revanche chacun d'eux constituent une brique d'un écosystème naissant et ont donc intérêt à travailler main dans la main entre eux.
Le rôle de l'Etat pourrait donc être dans la mise en relation de ces acteurs via des pôles de compétitivités, des réseaux... ainsi que dans la communication auprès du public des changements qu'il compte impulser.